arp proxy et dhcp relay

Sous ce titre pompeux se cache en fait un problème tout simple qui vous est certainement déjà arrivé: la *box est branchée sur la prise téléphonique qui se trouve être loin de l'endroit ou se concentrent les machines à brancher sur le net. Pour régler ce problème il y a plusieurs solutions:

  • Tirer un câble de 20m de la *box vers un switch où se branchent les autres machines, en espérant que le câble passe sous les portes. Pas top.
  • Avoir du wifi sur toutes les machines, c'est loin d'être le cas chez moi.
  • Avoir du CPL entre la box et le switch. Je n'en ai pas.

Une autre solution c'est d'avoir une machine allumée 24h/24 avec wifi et lien filaire vers le switch, c'est la solution que j'ai retenue. Sauf que faire un bridge wlan0 <=> eth0 c'est pas si simple que ça en a l'air, il y a bien une solution avec ebtables, mais avec ma carte wifi et son driver proprio ça ne fonctionne pas, le lien wifi boucle entre connexion et déconnexion.

J'ai donc cherché à faire autrement, le NAT j'aime pas trop parce que ça m'obligerais à avoir deux réseau puis a pusher la nouvelle route sur tous mes réseaux (vpn etc). J'ai donc trouvé une solution avec un proxy arp.

C'est assez simple:

iface eth0 inet static
address 192.168.31.253
broadcast 192.168.31.255
netmask 255.255.255.0
# Empèche ifup d'ajouter la route 192.168.31.0/24 sur eth0
up ip route del 192.168.31.0/24 dev eth0
# On doit avoir une route pour chaque machine derrière le switch
# Ici 192.168.31.3
up ip route add 192.168.31.3/32 dev eth0

iface wlan0 inet static
wpa-ssid rhizome # J'aime mon ssid :)
wpa-psk SECRET
address 192.168.31.253
broadcast 192.168.31.255
netmask 255.255.255.0
gateway 192.168.31.1

Et activer le proxy arp dans /etc/sysctl.conf

net.ipv4.conf.all.proxy_arp=1

Ensuite, comme je suis feignant, j'aimerais bien que ma machine 192.168.31.3 obtienne son IP par dhcp, il suffit d'utiliser dhcprelay:

apt-get install isc-dhcp-relay

Le script post-inst nous demande l'IP du serveur dhcp et voilà.

Pour aller encore plus loin dans l'automatisation, j'aurais aimé rajouter les routes sur eth0 automatiquement, j'ai trouvé une solution très moche en coupant mon /24 en deux /25 et d'utiliser l'option dhcp agent.circuit-id pour allouer l'adresse IP dans un des deux blocs suivant si le dhcp-relay a été utilisé, au final c'était vraiment trop moche alors je l'ai pas fait.

Pour expérimenter différents setup, j'ai utilisé un script permettant de simuler un environnement réseau avec User Mode Linux et des switchs virtuels avec vde.

J'ai commité mes tests sur github.

git clone git://github.com/philpep/network-lab.git
cd network-lab
git checkout -b lab-arp-proxy-dhcp origin/lab-arp-proxy-dhcp
cd lab-arp-proxy-dhcp
./setup

Install NetBSD 5.1 sgimips sur Indy R4000

Il y a quelques mois déjà, un généreux collègue m'a refilé un tas de machines bizarres à des fins ludiques comme celle de réussir à installer un OS récent dessus. Dans mon inventaire des machines exotiques j'ai donc:

Ce billet concerne l'installation de NetBSD 5.1 (la dernière), sur une SGI Indy. Coté exotisme on est comblé :)

Indy

>> hinv
                   System: IP22
                Processor: 100 Mhz R4000, with FPU
     Primary I-cache size: 8 Kbytes
     Primary D-cache size: 8 Kbytes
     Secondary cache size: 1024 Kbytes
              Memory size: 64 Mbytes
                 Graphics: Indy 8-bit
                SCSI Disk: scsi(0)disk(1)
                SCSI Disk: scsi(0)disk(2)
                    Audio: Iris Audio Processor: version A2 revision 4.1.0

Préparation

Pour commencer, impossible d'y brancher un écran à moins d'avoir un connecteur vidéo DB13W3, la machine est pourvue de deux ports série mini din 8 et elle démarre dessus quand il n'y a pas de clavier branché. Très bien, mais si comme moi on a pas de cable Mini DIN 8 vers série (9 ou 25 broches) alors il faut sortir les bobines de fil et s'en faire un, le grand Internet fourmille de doc à ce sujet, moi j'ai trouvé ce schéma très parlant (s/mac/indy):

Mini din 8 - DB9

On se connecte donc et on tombe sur le bios (qui n'a rien à envier à nos bios x86 de 2011), on en profite pour récupérer l'adresse ethernet de la machine:

System Maintenance Menu

1) Start System
2) Install System Software
3) Run Diagnostics
4) Recover System
5) Enter Command Monitor

Option? 5

>>> printenv eaddr
eaddr=08:00:69:06:f4:9b

Let's go

Je suppose que vous savez configurer un serveur tftp/dhcp/nfs. Moi j'ai fait ça sur une machine Debian sauf le serveur dhcp qui est mon routeur FreeBSD:

sudo apt-get install tftpd-hpa bsdtar nfs-kernel-server
mkdir ~/indy
wget ftp://ftp.fr.netbsd.org/pub/NetBSD/NetBSD-5.1/sgimips/installation/netboot/diskimage.tgz
wget ftp://ftp.fr.netbsd.org/pub/NetBSD/NetBSD-5.1/sgimips/binary/sets/kern-GENERIC32_IP2x.tgz
bsdtar xvzf kern-GENERIC32_IP2x.tgz
(sudo mkdir root; cd root; sudo bsdtar xvzpf ../diskimage.tgz)

#/etc/default/tftpd-hpa
TFTP_DIRECTORY = "/home/phil/indy"

#/etc/exports (gruiiik gruiiik)
/home/phil/indy/root/ 192.168.31.0/24(rw,no_subtree_check,all_squash,anonuid=0,anongid=0)

sudo exportfs -r

#dhcpd.conf
host indy {
    hardware ethernet 08:00:69:06:f4:9b;
    fixed-address 192.168.31.8;
    option tftp-server-name "192.168.31.3"; # le serveur tftp (debian)
    next-server 192.168.31.3;               # le serveur nfs (debian)
    filename "netbsd";                      # le nom du kernel à loader en tftp
    option root-path "/home/phil/indy/root";# path racine nfs
}

On retourne configurer notre bios de l'indy:

>> setenv SystemPartition bootp():
>> setenv netaddr 192.168.31.8
>> boot

Mince ça ne marche pas, on fouille partout sur internet pour trouver des infos, puis on finit par lancer un tcpdump pour voir que c'est au niveau tftp que ça coince. Ensuite on lit la doc d'install NetBSD et on y trouve ceci:

 Note that some older bootproms have an interesting bug in reading the
 kernel via TFTP.  They handle the port number as a signed entity, and can
 thus not connect to ports >32767.  You can work around this problem on
 the TFTP server (given that it is a NetBSD host) by using ``sysctl'' to
 set ``net.inet.ip.anonportmin'' and ``net.inet.ip.anonportmax'' to more
 suitable values.  For example:

       # sysctl -w net.inet.ip.anonportmin=16384
       # sysctl -w net.inet.ip.anonportmax=32767

Pour faire la même chose avec linux:

echo "16384 32767" | sudo tee /proc/sys/net/ipv4/ip_local_port_range

Installation

L'installation de NetBSD se passe sans problème. Sauf à la fin où il faut se mettre dans un shell pour taper ces quelques commandes, sans quoi on ne pourra pas démarrer sur le disque

cd /usr/mdec
./sgivol -w boot /usr/mdec/ip2xboot sd0

# => yes

reboot

On reboot sur le disque

Tout est dans la doc d'install, et ça marche(tm). Moi par exemple j'ai installé NetBSD sur le premier disque (sd0):

>> setenv systempartition scsi(0)disk(1)rdisk(0)partition(8)
>> setenv osloadpartition scsi(0)disk(1)rdisk(0)partition(8)
>> setenv osloadfilename netbsd
>> setenv osloadoptions auto
>> setenv osloader boot

Pour les curieux, voyez le dmesg de la machine.

À vous de compiler tout et n'importe quoi, juste pour le plaisir de dire "Hey mec, c'est pas portable ton code là !" :-)

Arduino cli

Je me suis offert une petite carte Arduino avec un Starter Kit de chez SnootLab. J'en suis très content, je suis une bille complète en éléctronique et en seulement 3 jours de documentations et autres tutoriels j'ai déjà quelques bases et j'entrevoie des possibilités infinies liant harware et software.

Seulement, l'IDE officiel d'arduino m'a vite gonflé, je suis très réticent à prendre en main de nouveaux logiciels, surtout quand ils sont graphiques, c'est plus fort que moi, trop de boutons et autres ClickClickClick ça me file des ... boutons. J'ai donc essayé de coder pour arduino en utilisant mon IDE habituel, c'est à dire vim et make, voilà la manip (pour une machine debian)

# La lib arduino http://arduino.cc/en/Main/Software (ici linux x86_64)
wget http://arduino.googlecode.com/files/arduino-0022-64-2.tgz -O - | tar xvzf -
# Le travail est déjà tout fait ici: http://mjo.tc/atelier/2009/02/arduino-cli.html
wget http://mjo.tc/atelier/2009/02/acli/arduino-mk_0.6.tar.gz -O - | tar xvzf -
sudo mkdir -p /usr/local/bin
sudo install -m 755 -o root -g root arduino-mk-0.6/ard-parse-boards /usr/local/bin/

Ensuite copiez le fichier arduino-mk-0.6/Arduino.mk dans votre projet et incluez le dans un Makefile:

TARGET = hello # Le nom du programme final (doit correspondre à un fichier hello.pde)
ARDUINO_DIR = /path/to/arduino-0022
BOARD_TAG = uno # Voir Arduino.mk pour toutes les cartes supportées
ARDUINO_PORT = /dev/ttyACM0          
AVR_TOOLS_PATH = /usr/bin
AVRDUDE_CONF = $(ARDUINO_DIR)/hardware/tools/avrdude.conf
AVRDUDE = $(ARDUINO_DIR)/hardware/tools/avrdude

include Arduino.mk

# Petit alias perso, make com lance cu sur le bon port avec un baud de 9600
com:
    cu -l $(ARDUINO_PORT) -s 9600

Ne pas oublier les outils indispensables:

sudo apt-get install gcc-avr binutils-avr avr-libc libyaml-perl cu

Pour compiler c'est make et pour envoyer le code sur la carte make upload.

Minuit est faux

En python:

>>> import datetime
>>> bool(datetime.time(0, 0))
False

# Pour lever toute ambigüité quand on veut tester si
# une variable est à None:
if machin is not None:
    blah()

# au lieu de

if machin:
    blah()

Le coup de minuit n'est qu'un exemple parmis d'autres, c'est la classe qui décide de ce qui est vrai et de ce qui est faux en implémentant __nonzero__().

Backup zfs

J'ai mis en place un système de backup de mon serveur FreeBSD (dédié) vers un autre serveur FreeBSD (@home). Les deux machines sont en zfs, c'était pour moi l'occasion de tester zfs (send|recv) over ssh. L'idée c'est qu'on envoie les donnés de manière incrémentale entre un snapshot du jour et un snapshot de la veille. Ce que l'on gagne par rapport à des solutions comme rsync c'est de la rapidité et moins d'accès disques (zfs sait exactement ce qui a bougé entre deux snapshot), l'autre avantage c'est sur la machine de backup on a un snapshot par jour, on peut donc facilement retrouver des fichiers supprimés.

#!/bin/sh

set -e

# Used in ssh command, example user@host -p 2222
REMOTE_HOST="diophante"

# Source zfs pool
POOL_SRC="tank"

# zfs sets to backup (relative to POOL_SRC)
SETS="usr/local/vmail usr/local/data usr/local/pgsql/backups usr/home usr/local/git var/backups"

# Destination pool
POOL_DST="tank/backup/${REMOTE_HOST}"

# We use ssh connection sharing
SSH_ARGS="-o ControlPath=~/.ssh/%r@%h:%p"

# zfs snapshot prefix => tank/foo@bck-2011-05-25
PREFIX="bck-"

# Remote zfs command
REMOTE_ZFS="ssh ${SSH_ARGS} ${REMOTE_HOST} sudo zfs"

# Local zfs command
LOCAL_ZFS="sudo zfs"

# Launch master ssh for sharing connections
ssh -MNn ${SSH_ARGS} ${REMOTE_HOST} &
ssh_master_pid=$!

for zfs_set in ${SETS}
do
    # Test if destination exist
    ${LOCAL_ZFS} list -H ${POOL_DST}/${zfs_set} >/dev/null

    date_suffix="${PREFIX}`date +%F`"
    snap="${POOL_SRC}/${zfs_set}@${date_suffix}"
    old_snap=`${REMOTE_ZFS} list -Ht snapshot 2>/dev/null | grep "^${POOL_SRC}/${zfs_set}@${PREFIX}" 2>/dev/null| awk -F' ' '{ print $1 }' 2>/dev/null`
    if [ "${old_snap}" ]
    then

        if [ "${old_snap}" != "`echo ${old_snap} | head -n 1`" ]
        then
            echo "[!] Multiple zfs snapshot found: ${old_snap}"
            echo "[!] Consider changing PREFIX or fix the issue yourself"
            continue
        fi

        if [ "${old_snap}" = "${snap}" ]
        then
            echo "[!] ${snap} exists"
            continue
        fi
    fi
    echo ${REMOTE_ZFS} snapshot "${snap}"
    ${REMOTE_ZFS} snapshot "${snap}"

    if [ "${old_snap}" ]
    then
        extra_args="-i ${old_snap}"
    else
        extra_args=""
    fi

    echo ${REMOTE_ZFS} send $extra_args "${snap}" '|' ${LOCAL_ZFS} recv -F "${POOL_DST}/${zfs_set}"
    ${REMOTE_ZFS} send $extra_args "${snap}" | ${LOCAL_ZFS} recv -F "${POOL_DST}/${zfs_set}"

    if [ "${old_snap}" ]
    then
        echo ${REMOTE_ZFS} destroy "${old_snap}"
        ${REMOTE_ZFS} destroy "${old_snap}"
    fi
done

kill $ssh_master_pid

Le script est aussi disponible sous forme de gist github.

Sur mes deux machines j'ai un user backup qui peut exécuter zfs avec sudo, l'user backup sur la machine de backup peut accéder en ssh à l'user backup (vous suivez ?) sur la machine à sauvegarder au moyen d'une clé ssh dédiée sans mot de passe.

Le script se lance donc sur la machine de backup (en ayant pris soin de créer tous les sets zfs qu'on va sauvegarder). La première fois il va transférer le set en entier, et les jours suivants il va envoyer de l'incrémental, il faut au minimum un jour entre chaque backup mais rien ne vous empêche de mettre l'heure dans le nom du snapshot.

Commentaires, patchs bienvenus.

PS: Ça fait 6 mois que j'ai pas posté sur ce blog, c'est parce que je travaille et même si je trouve encore un peu de temps pour faire mon propre code c'est moins le cas quand il faut le décrire ici. Par contre je maintient une liste de posts à faire sur ce blog, je rattraperais mon retard bientôt.

Mon réseau

Ça faisait un petit moment que je devais refaire ma homepage. C'est chose faite (rechargez la page si vous avez encore l'ancienne en cache, c'est full statique avec un trèèèès long ttl).

J'y décris un peu ce qui se passe dans les trois serveurs que j'administre, pour moi, pour les amis, pour des logiciels libres comme wmfs et pour les causes que je défends avec une association, le cerf de grésigne et un miroir wikileaks.

En modifiant ma map nagios j'ai réussi à faire quelque chose de pas mal pour mieux visualiser la chose :

network

Ça fait maintenant deux ans que l'aventure a commencée, objectif auto-hébergement et auto-formation à l'administration systèmes. Je dois dire que ça a plutôt bien marché puisque l'infrastructure et mes connaissances n'ont cessés de progresser.

  • Fin 2008 Pendant les 3 premiers mois philpep.org n'existait que sur mon portable (sous gentoo, allumé 24h/24), c'était un serveur git pour partager mon code.
  • Début 2009 j'ai récupéré un vieux pentium III gracieusement donné par une association Toulousaine sur lequel j'ai installé FreeBSD (7.0 puis 7.1) qui a commencé à faire du mail.
  • Mai 2009 je récupère un pentium 4 avec plus de RAM.
  • Fin 2009 je m'achète une alix2d3
  • Début 2010 je prends une machine virtuelle chez lost-oasis (sous FreeBSD puis Debian) pour fournir un MX et DNS secondaire.
  • Juillet 2010 je m'achète une nouvelle machine avec plus de RAM et qui consomme moins
  • Fin 2010, la machine virtuelle est maintenant chez Hetzner, et sous FreeBSD 8.1 avec un vpn entre mes deux locations.

Installer UNE debian rapidement en pxe avec dnsmasq

Sur le net on voit beaucoup de tutos pour installer Debian en pxe. Mais la plupart sont beaucoup plus compliqués que ça ne l'est vraiment. Pour mon cas il me fallait installer Debian sur un laptop depuis un autre laptop.

Il faut s'arranger pour que la machine cible puisse être sur le même lan que le serveur pxe. Moi mon laptop est en wifi, donc j'ai mis un cable entre les deux laptop un coup de forward iptables (mais c'est pas le sujet).

# Install dnsmasq
sudo apt-get install dnsmasq

# Creation du repertoire servi par le builtin tftp de dnsmasq
mkdir -p ~/pxe/pxelinux.cfg
cd pxe

# On fetch le kernel, le bootloader pxe et le ramdisk
export SITEFTP=ftp.fr.debian.org:/debian/dists/stable/main/installer-i386/current/images/netboot/debian-installer/i386
wget $SITEFTP/pxelinux.0
wget $SITEFTP/linux
wget $SITEFTP/initrd.gz

# Config du bootloader
cat > pxelinux.cfg/default << EOF
DEFAULT lenny
LABEL lenny
        kernel linux
        append vga=normal initrd=initrd.gz --
TIMEOUT 0
EOF

# Config dnsmasq
cat > /etc/dnsmasq.conf << EOF
interface=eth0
dhcp-boot=pxelinux.0
enable-tftp
tftp-root=/home/phil/pxe/
EOF

# Reload dnsmasq
sudo /etc/init.d/dnsmasq restart

Configurez iptables pour laisser passer bootpc, dns et tftp et hop install pxe en moins de 5 minutes et avec un seul soft.

Installer et booter une FreeBSD zfs on root depuis Debian/Grub2

J'ai une partition primaire de libre sur mon laptop sous Debian , je comptais y installer une FreeBSD full zfs. Le problème c'est que mon laptop n'a pas (plus) de lecteur cd, et que je me voyais mal faire une installation zfs un peu ardue en pxe et sans avoir la doc dans $BROWSER.

Alors je me dis qu'installer FreeBSD sur la partition libre depuis ma Debian testing avec zfs-fuse est possible. Évidement pas de chroot possible, mais y'a même pas besoin. Le plus dur ça a été de démarrer la FreeBSD avec grub2, mais je suis tombé sur la bonne doc. Voilà la manip sans attendre que qemu se lance.

On installe les petits (gros) tools qu'il nous faut (zfs-fuse est dans testing ou sid) :

sudo apt-get install bsdtar zfs-fuse lftp

On récupère une distribution binnaire de FreeBSD (ici 8.1-RELEASE i386)

mkdir ~/freebsd && cd ~/freebsd
lftp -c "open ftp://ftp.fr.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/i386/8.1-RELEASE/; mirror base"
lftp -c "open ftp://ftp.fr.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/i386/8.1-RELEASE/; mirror kernels"
# Et si vous voulez les man
lftp -c "open ftp://ftp.fr.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/i386/8.1-RELEASE/; mirror manpages"

Ensuite on crée sa pool zfs sur la partition cible (en forçant la version en 14, version de zfs sur FreeBSD)

sudo zpool create -o version=14 tank /dev/sda3
sudo zfs create tank/root
# Ici on peut créer tous les datasets qu'il nous faut

On extract tout ça :

cd ~/freebsd/base && cat base.?? | sudo bsdtar --unlink -xpzf - -C /tank/root
cd ~/freebsd/kernels && cat generic.?? | sudo bsdtar --unlink -xpzf - -C /tank/root/boot
cd ~/freebsd/manpages && cat manpages.?? | sudo bsdtar --unlink -xpzf - -C /tank/root

Les finitions :

# On utilisera le kernel GENERIC
sudo rmdir /tank/root/boot/kernel && sudo mv /tank/root/boot/GENERIC /tank/root/boot/kernel

# On copie le cache zpool pour que la freebsd retrouve "tank"
sudo cp /var/lib/zfs/zpool.cache /tank/root/boot/zfs/

# On évite un warning
sudo touch /tank/root/etc/fstab

# On se fait un rc.conf
cat << EOF | sudo tee /tank/root/etc/rc.conf
hostname="shen.philpep.org"
keymap="fr.iso.acc"
zfs_enable="YES"
EOF

# On met mountpoint / pour tank/root (comme ça tank/root/... se montera à partir de /)
sudo zpool export tank
sudo zpool import -R /mnt tank
sudo zpool set mountpoint=/ tank/root

Et maintenant le plus dur, grub2 :

menuentry 'FreeBSD' {
    insmod zfs
    search -s -l tank
    kfreebsd /root@/boot/kernel/kernel
    kfreebsd_module_elf /root@/boot/kernel/opensolaris.ko
    kfreebsd_module_elf /root@/boot/kernel/zfs.ko
    kfreebsd_module /root@/boot/zfs/zpool.cache type=/boot/zfs/zpool.cache
    set kFreeBSD.vfs.root.mountfrom=zfs:tank/root
}

Donc avec cette syntaxe on peut charger des modules au boot et écrire dans des variables sysctl (chose qu'on fait dans /boot/loader.conf avec le bootloader de FreeBSD).

Ça juste marche, et je trouve ça bien pratique, surtout qu'on peut se servir du pool zfs depuis Debian, et on peut aussi monter l'ext3 depuis FreeBSD.

EDIT: Je ne peut pas garantir que ce soit très fiable tout ça. Prudence donc. Si vous avez des problèmes au boot de FreeBSD (truc du style "alloc magic is broken") vous pouvez essayer de remplacer search -s -l tank par set root=(hd0,3) (avec la pool en /dev/sda3 chez moi).

NSD pour remplacer BIND

Je loue une machine virtuelle chez lost-oasis à (12€ par mois, 256Mo de RAM) pour faire du monitoring nagios, du mx/dns secondaire et du mirror http pour mes autres machines dans mon appart. Elle tourne sur Debian (en paravirtualisation kvm, virtio etc), avec de l'openvz par dessus. 256Mo ça fait pas beaucoup, et en browsant sur mon top, j'ai remarqué que c'était bind qui prenait le plus de mémoire (loin devant postgresql et php-cgi).

Je me met donc à la recherche d'un serveur dns qui serait plus léger que bind et qui fasse aussi bien dns primaire et secondaire pour mes 5 petites zones et je me souviens avoir vu passer une news à propos de l'intégration récente de nsd dans OpenBSD-Current. Ni une ni deux je dégaine mon apt-get install nsd3 et après quelques jours d'utilisation j'en suis très content.

Ce qu'il faut savoir à propos de nsd :

  • C'est un serveur authoritative only (contrairement à bind qui fait aussi cache et récursion)
  • Il est utilisé par quelques uns des root dns servers (on peut donc lui louer une certaine robustesse)
  • Il sait lire les même fichiers de zones que bind
  • La configuration est extrêmement simple
  • Il est bien plus léger en RAM que bind même configuré pour faire la même chose.
  • Il fonctionne très bien avec bind en master (j'ai pas testé dans l'autre sens)

Que du bon donc, laisser moi vous montrer un bout de config comme c'est simple :

server:
    hide-version: yes

# Une config master avec deux slaves 
zone:
    name: "philpep.org"
    zonefile: "master/philpep.org"

    notify: 217.70.177.40 NOKEY
    provide-xfr: 217.70.177.40 NOKEY

    notify: 212.85.155.53 NOKEY
    provide-xfr: 212.85.155.53 NOKEY

# Une config slave avec un master
zone:
    name: "philpep.org"
    zonefile: "slave/philpep.org"

    allow-notify: 82.229.137.130 NOKEY
    request-xfr: AXFR 82.229.137.130 NOKEY

# Apparemment nsd master ne gère que les transferts de zone AXFR (et pas IXFR)
# Ça n'a pas d'incidence l'un est testé puis l'autre si ça marche pas. Mais vous pouvez éviter
# un message de log en mettant AXFR dans request-xfr dans le cas d'un nsd master et slave.

Les zones sont strictement les mêmes que celles de bind.

Bien sûr il est possible de faire des config bien plus velues avec des clés pour faire des zones dynamiques, du chroot etc, voyez nsd.conf(5)

Il y a aussi un utilitaire bien convi pour controler le serveur : nsdc(8). Avant de démarrer le serveur pour la première fois, il faut compiler les zones avec nsdc rebuild.

J'ai trouvé nsd tellement pratique que je l'ai aussi installé en master sur mon serveur FreeBSD (dns/nsd), bind sert toujours pour le cache,récursion et mes zones en local, mais je vais certainement le remplacer par un djbdns ou un dnsmasq

Le script rc de nsd sur FreeBSD /usr/local/etc/rc.d/nsd est pas terrible, utilisez plutôt nsdc ou attendez que mon patch soit accepté :-)

NanoBSD avec / en nfs

Dans un précédent post j'expliquais comment utiliser le script /usr/src/tools/tools/nanobsd.sh des sources FreeBSD pour construire un système FreeBSD pour l'embarqué.

Dans le processus de création d'un tel système, il peut être utile de tester son système sans utiliser la carte flash. On peut adapter le système en le testant sur NFS et n'écrire l'image finale sur la carte flash que quand on a fini.

kernel

Il faut compiler le kernel avec support NFS et NFS comme système de fichier racine

options NFSCLIENT
options NFS_ROOT

dhcpd.conf

Avec l'option root-path on spécifie le path du montage nfs au client dhcp.

filename "pxeboot";
next-server 192.168.0.20; # le serveur tftpd
option root-path "192.168.0.20:/usr/obj/nanobsd.solo/_.w; # le montage NFS

inetd.conf

Le bootloader pxeboot est récuperé via tftp, lui même activé par inetd

tftp    dgram   udp     wait    root    /usr/libexec/tftpd      tftpd -l -s /tftpboot

pxeboot

On compile pxeboot avec un baud de 115200 sur la sortie série.

cd /usr/src/sys/boot
make BOOT_PXELDR_ALWAYS_SERIAL=1 BOOT_COMCONSOLE_SPEED=115200
mkdir /tftpboot
cp i386/pxeldr/pxeboot /tftpboot

nfs

Juste une ligne dans /etc/exports, 192.168.0.1 étant l'IP donnée par mon serveur dhcp à la machine cible.

/usr/obj/nanobsd.solo/_.w -alldirs -maproot=root 192.168.0.1

rc.conf

On active tout ça dans /etc/rc.conf

 inetd_enable="YES"
 nfs_server_enable="YES"
 rpcbind_enable="YES"
 mountd_flags="-r"
 dhcpd_enable="YES"

Et on démarre les services :

 /usr/local/etc/rc.d/isc-dhcpd start
 /etc/rc.d/inetd start
 /etc/rc.d/rpcbind start
 /etc/rc.d/nfsd start

Maintenant il faut modifier le système généré par NanoBSD car il s'attend à avoir la carte flash comme système de fichier.

J'ai juste crée une fonction dans ma config nanobsd (fonction à enlever quand on crée les images disques bien entendu) :

post_nfsroot {
    rm ${NANO_WORLDDIR}/etc/fstab
    rm ${NANO_WORLDDIR}/conf/default/etc/remount
    echo "" > ${NANO_WORLDDIR}/conf/base/etc/fstab
}

late_customize_cmd post_nfsroot

Voilà, n'oubliez pas l'option -i pour gagner le temps de construction des images disques et bon debug :)